Il y a trois ans le rayon robots d’une grande surface de bricolage alignait surtout des filaires. Aujourd’hui c’est l’inverse, et beaucoup d’acheteurs prennent un sans-fil sans se poser la question. Dans la plupart des cas ils ont raison. Dans certains, ils vont le regretter.
Le premier écart se joue sur l’autonomie, et il est plus large que ce que laissent croire les emballages. Un modèle annoncé pour trois heures trente tourne plutôt autour de deux heures quarante en cycle fond et parois, parce que grimper au mur consomme bien plus que rouler à plat. Sur un 8×4 ça passe sans y penser. Sur un 10×5 avec des angles, vous finirez par enchaîner deux cycles, donc deux charges, et l’intérêt du sans-fil s’émousse. Ce comparatif robot piscine sans fil chronomètre quinze modèles sur trois bassins, peinture, carrelage et liner, et donne les durées relevées plutôt que celles de la boîte.
La ligne d’eau produit le plus gros des déceptions. Fond et parois ne veut pas dire ligne d’eau. Beaucoup de robots montent le long du mur puis s’arrêtent dix centimètres sous la surface. La bande grasse où s’accumulent crème solaire et pollen, elle reste. La traiter demande un cycle dédié, que tous les modèles n’embarquent pas, y compris dans le haut de gamme. La question à poser au vendeur n’est donc pas est-ce qu’il fait les parois, mais est-ce qu’il a un mode ligne d’eau.
Le poids, personne n’y pense en magasin. On le découvre au bout de la perche. Six kilos ou treize kilos et demi, sur la fiche technique c’est une ligne parmi d’autres. Dans les faits, si vous sortez le robot après chaque cycle, c’est sans doute ce qui décidera si vous l’utilisez encore l’été prochain. Les modèles lourds finissent souvent par tourner une fois par semaine au lieu de trois.
Les escaliers méritent un mot parce que le marketing entretient la confusion. Franchir une marche et la brosser sont deux choses différentes. La majorité des sans-fil montent sur la première marche, patinent un peu et repartent. Ceux qui nettoient réellement un escalier se comptent sur les doigts d’une main. Si votre bassin a une plage immergée, commencez votre sélection par là et pas par le prix.
Un point qu’on découvre à la troisième saison : la batterie. Sur beaucoup de sans-fil elle n’est pas remplaçable par l’utilisateur, et quand elle faiblit c’est le bloc moteur entier qui part en SAV. Demandez avant d’acheter si la batterie se change et ce qu’elle coûte, la réponse écarte parfois un modèle. Les marques qui vendent la batterie en pièce détachée sont rarement celles qui font le plus de publicité.
Reste le filaire, qui n’a pas disparu et garde deux arguments. Il tourne tant qu’il est branché, ce qui règle la question de l’autonomie sur les grands bassins, et il coûte souvent moins cher à puissance de filtration équivalente. Son défaut est connu : le câble qui vrille et qu’il faut démêler. Pour un bassin de plus de cinquante mètres carrés, il mérite encore d’être comparé sérieusement.
La marque compte moins que la taille du bassin et que l’honnêteté de la fiche technique. Sur ce dernier point, gardez un oeil sur les autonomies annoncées : c’est le chiffre le plus arrangé du secteur.


